ONG FONDATION EMMANUEL

CÔTE D'IVOIRE

A la découverte du centre de guérison miraculeuse de la ville d’Abidjan
   Des malades qui guérissent sans remède

On en parle depuis des années. Le nom  a fait le tour d’Abidjan et les gens y viennent de partout. Nous aussi, sommes allés à la découverte de ce centre. Il s’agit du ministère mondial de prière, de miracle et de guérison  Yao Bio  couramment appelé «centre de guérison Yao Bio» situé dans le quartier de Williamsville dans la commune d’Adjamé. A notre arrivée ce samedi après midi,  nous avons été surpris par le monde présent dans le centre. La plupart des malades regroupés par catégorie sous des tentes de fortune. Le site est la propriété de l’église pentecôte internationale de Côte d’Ivoire. Après quelques formalités d’usage nous avons pu obtenir l’autorisation des responsables du  centre. Notre reportage  est essentiellement basé sur les témoignages de   certains malades trouvés sur le site ainsi que les réactions de certains encadreurs et responsables du centre. Certains malades étaient interdits d’accès compte ténu de leur état.

Réportage:

  

Mlle Koffi Amati (ex-fille de ménage)
«J’étais nue dans la rue»

J’étais atteinte d’une crise de folie et j’ai été conduite dans  le centre du révérend Yao Bio. La maladie m’a conduite ici en février 2010. Lorsque je suis arrivée, les hommes de Dieu ont prié sur moi du matin jusqu’à 20 H et j’ai été délivrée. A mon arrivée,  j’étais enchaînée mais grâce aux prières et à l’intervention de Dieu, aujourd’hui je me sens bien. Il est difficile de vous expliquer comment j’ai contracté la maladie et comment ça s’est manifesté car je n’étais pas consciente. Mais ce que je sais, c’est que j’étais liée par des esprits qui me tourmentaient. Au début, j’entendais des voix qui me donnaient des ordres et m’orientaient. J’étais souvent paniquée car je ne savais pas d’où venaient ces voix.

Je me déshabillais et je marchais dans les rues. Je travaillais comme fille de ménage à Cocody-Angré. Lorsque la maladie s’est aggravée, ce sont mes frères qui sont venus me chercher pour m’amener dans ce centre. Selon ce qui m’a été rapporté, c’est un ancien malade qui a demandé à mes frères de m’envoyer ici. C’est après ma guérison que je me suis retrouvée dans les chaînes. Depuis lors, je bénéficie de l’amour et de la tendresse de mes frères et sœurs  ainsi que de mes encadreurs du centre.  Je les remercie énormément et je remercie notre Dieu pour le miracle qu’il a opéré dans ma vie. Je saisis  cette occasion pour dire merci au Révérend le pasteur Yao Bio,  fondateur de ce centre de m’avoir accueilli dans son ministère.

Koffi Kouassi Jean Claude (ex-enseignant)
«Je suis dépassé par ce que Dieu a fait dans ma vie»

Cela fait  onze (11) mois que je suis arrivé dans ce centre  de guérison Yao Bio de Williamsville. C’était en janvier 2011. J’étais gravement malade et j’avais perdu totalement mes sens. Je souffrais d’un envoûtement qui se manifestait sous forme de folie. J’ai contracté la maladie  dans le village d’Irobo dans la région de Jacqueville où j’étais enseignant. C’est grâce à ma grande sœur que je suis arrivé ici. Quand j’arrivais,  je ne contrôlais plus mes sens et mes mouvements. Mais Dieu a opéré un miracle dans ma vie et aujourd’hui je suis délivré. Je n’avais pas seulement des troubles mentaux, j’étais également atteint d’impuissance sexuelle. Après les prières,  je suis guéri de ce mal .Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, tous mes organes mentaux et génitaux fonctionnent très bien. Je remercie Dieu et je remercie tous ceux qui ont prié pour moi. Il est vrai que je suis guéri mais je continue d’être suivi jusqu’à ce que le Seigneur me donne l’autorisation de partir. Je vous assure que je suis dépassé par ce qui s’est passé dans ma vie. C’est un grand miracle de Dieu.

Djédou Kessia Ketiwa Jeanette (ex-résidente de Belle ville)
«Après ma guérison, j’ai décidé de me mettre au service de Dieu»

Il y a un longtemps que je suis arrivée dans ce camp de prière. C’était à la suite d’une crise de folie qui me fatiguait. J’avoue que je ne peux pas décrire les conditions dans lesquelles je suis arrivée ici. Mais je résidais à Belle ville dans la commune de Treichville  lorsque j’ai eu la maladie .J’avais un enfant de trois ans. Selon des témoignages, je me promenais dans toutes les communes d’Abidjan avec cet enfant. C’est à Adjamé que j’aurais abandonné l’enfant dans la rue et je me suis retrouvée à Yopougon.

Même mes parents ne savaient pas où j’étais. C’est donc dans la commune de Yopougon que des gens de mon village m’ont aperçu et ont appelé mes parents. Ces derniers m’ont enfermé dans une maison abandonnée. Un jour, lorsqu’ils sont venus me donner à manger, ils avaient oublié de refermer la porte. C’est ainsi que je suis sortie et dans ma promenade je me suis retrouvée dans ce centre sans avoir été conduite par quelqu’un. Lorsque les gens m’ont vu passer, ils ont su que  j’étais folle et ils m’ont retenu ici sur  instruction du pasteur Yao Bio. Les hommes de Dieu ont prié pour moi. Grâce à  leurs prières  je suis guérie. Il faut dire que quand les gens m’ont vu venir et qu’ils sont allés le dire à l’Apôtre Yao Bio il leur a demandé de s’occuper de moi car c’est Dieu qui m’a conduite vers lui.

Pendant ce temps,  mon enfant était égaré. Mais  après ma guérison,  par la grâce de Dieu, je l’ai aussi retrouvé. Je ne sais comment remercier le Seigneur pour ce miracle qu’il a opéré dans ma vie. C’est pourquoi j’ai décidé de  mettre à son service. Je consacre le reste de ma vie à servir le Seigneur.

Kouamé Yao Adolphe (élève)
«Je suis délivré et je suis admis à mon examen»

En 2007, mon frère et ma mère étaient malades et ils ont été conduits ici. On nous avait dit que c’est une Eglise où on soigne les malades. De temps en temps,  on venait les voir. Après, ils ont été totalement guéris. Avant la crise,  j’étais en classe de CM2. Au moment de la crise, je suis tombé malade. J’étais atteint de troubles mentaux. C’est ainsi que mon papa m’a envoyé dans ce centre chez le pasteur Yao Bio. Au départ, c’était très grave et j’ai été enchaîné. Mais grâce aux prières, aujourd’hui, je suis guéri. Comme vous le voyez, je marche correctement et je joue au ballon.  C’est d’ici que j’ai passé mon examen d’entrée en 6ème et  j’ai  obtenu 115 points et j’ai été orienté. Je remercie Dieu de m’avoir guéri.

Sapiano (ex-drogué)
«Je ne fume plus»

Je suis de nationalité Burkinabè. C’est mon oncle qui m’a envoyé ici suite à une crise de folie. Cela fait maintenant trois mois que je suis là. Les hommes de Dieu ont prié pour moi et aujourd’hui je suis guéri. Si on me donne l’autorisation le mois prochain, je vais retourner à la maison. Mon oncle vient souvent me voir car mon père m’a délaissé. Il dit qu’il s’en fout de moi parce que je consomme la drogue c’est pourquoi je suis devenu fou. Mais  avec la grâce de Dieu,  je ne fume plus ni la drogue, ni la cigarette.

Dou Casimir (ancien Principal de l’Eglise)
«Nous prions et c’est Dieu qui guérit»

Je suis l’ancien principal de l’Eglise Pentecôte internationale de Williamsville. Les malades arrivent souvent par le biais de leurs parents, amis ou connaissances. Une fois qu’ils arrivent ici , le président des Eglises Pentecôtes de Côte d’Ivoire,  l’Apôtre Yao Bio nous donne des directives et sur ses instructions, nous encadrons spirituellement ces malades par des messages et des prières. Nous prions et c’est Dieu qui les guérit. Il est difficile de donner  le nombre exact de malades que nous accueillons dans le camp car ils viennent et une fois  ils sont  guéris, ils repartent. Actuellement, ceux qui sont là sont nombreux. Des malades  qui nous rendent la vie difficile sont atteints de folie car ils sont difficiles à maîtriser quand bien même ils sont dans les chaînes. Mais cela ne nous dérange pas car nous  accomplissons l’œuvre de Dieu.

Kodjané Kragbé Jules (pasteur)
«Les prières sont gratuites»

Je suis Pasteur du ministère Yao Bio. Je suis l’un des collaborateurs du révérend. Lorsque certains malades arrivent, on les interroge, après quoi on les conduit chez le révérend qui nous donne la conduite à tenir.  Quant ils ne peuvent pas s’exprimer, ce sont leurs accompagnateurs que nous interrogeons d’abord avant de passer à l’œuvre. Les prières sont gratuites et orientées selon les maladies. Elles sont programmées selon des heures. Il peut avoir aussi des veillées de prière et de délivrance. Ce n’est pas seulement la folie que nous soignons ici il ya des cas de paralysie, de sorcellerie, d’accouchement et bien d’autres. Même les sourds-muets. Je précise que nous ne soignons pas ici? Nous prions pour les malades et c’est Dieu qui guérit. Vous  voulez savoir comment les guérisons s’opèrent ici ?  Seul Dieu a le secret de la guérison. Ici au centre, nous ne prescrivons pas de médicaments ni d’ordonnances. Nous nous soumettons aux recommandations du Seigneur c'est-à-dire la prière sans cesse et Dieu lui-même opère son miracle selon sa volonté. Vous savez, les maladies  tirent  pour la plupart leur source dans les esprits. Ainsi, Dieu qui est esprit guérit l’esprit, l’âme et le corps.

Sébré  Zahui Alphonse (membre de l’église Pentécôte)
«Dieu a tout pouvoir de guérison»

Je suis originaire du département de Gagnoa dans la sous-préfecture de Bayota, membre de l’Eglise Pentecôte de Côte d’Ivoire assemblée de Williamsville. Depuis 2005,  je suis  ici parce que j’avais un problème de voix. C’est au village où je me suis rendu pour participer aux funérailles de ma tante que j’ai contracté ce mal. C’est  là- bas que j’ai été envoûté. Ma voix avait complètement disparu.

Je ne pouvais plus parler et j’étais devenu presque muet. Mes parents ont frappé à toutes les portes sans trouver la moindre solution. C’est ainsi qu’un samedi, alors  que  je partais à Abobo, une femme m’a informé qu’il y’a un homme de Dieu qui pouvait me soulager. Ma tante m’a donc accompagné ici. Après les prières intenses des hommes de Dieu, j’ai recouvré la guérison. Aujourd’hui tout va bien. J’ai découvert une église très spirituelle. Ici, on ne donne pas de comprimés aux malades. Mais c’est à travers des prières qu’ils reçoivent la guérison. Vous voyez, il ya des malades mentaux qui guérissent, des sidéens. Des hauts cadres sont passés  par là, des infirmiers d’Etat ont  été guéris ici, des officiers et bien d’autres. Le père spirituel, fondateur du centre l’Apôtre Yao Bio nous a toujours  dit que Dieu a tout pouvoir de guérison et cela grâce à la prière. Ici, lorsque le patient se sent guéri, il demande la permission aux responsables qui le lui accordent et il rentre en famille.

 

Diacre Kra Koffi Mansan Joseph (président de l’Ong Fondation Emmanuel)
«Nous faisons l’éducation, la formation et la réinsertion»

Je suis le responsable de l’ONG Fondation Emmanuel. Je fais également partie des encadreurs de ce camp de prière qui s’appelle «ministère mondial Yao Bio» dont le fondateur est bien entendu l’Apôtre Yao Bio. C’est un homme que le Seigneur a oint d’une puissance exceptionnelle. Depuis 1980, le Seigneur a passé au travers de ses mains pour guérir des milliers et des milliers de malades. Les guérisons concernent divers cas de maladies. Aussi, convient–il de relever que tous les différents ministères qui existent en Côte d’Ivoire aujourd’hui sont pour la plupart sortis de ce centre. Il s’agit entre autres des ministères d’évangélisation de guérison ou  de délivrance. L’Apôtre Yao Bio est donc le grand-père ou le père de tous les responsables de ces ministères.

Parlant des personnes que nous recevons ici, elles sont de toutes les couches sociales et de toutes les couches professionnelles. La plupart d’entre elles ont traversé plusieurs centres et  sont arrivées ici totalement fatiguées, démunies et appauvries si bien que l’accueil et l’encadrement s’avèrent parfois difficiles. Nous ne disons pas que ces personnes sont pauvres mais c’est la maladie qui les a appauvris. Car quelqu’un qui endure une maladie sur trois ou quatre ans quelles que soient ses économies, il va de soit qu’il sera démuni. Le centre a accueilli et accueille encore de hautes autorités de ce pays. Leurs épouses, leurs parents ou leurs enfants aussi. Mais vous savez, ce n’est pas nous qui guérissons, c’est Dieu qui opère son miracle et manifeste sa grâce. En tant que serviteur et ouvrier du Seigneur, nous avons un grand devoir de réserve. Sinon ici, il ya eu des cas de guérison de Vih. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le concerné lui-même qui a rendu son témoignage et nous a permis d’avoir la cassette après sa guérison. Un autre souffrait d’une insuffisance rénale. Son cas était désespérant au point que lui-même avait décidé d’arrêter ses traitements de dialyse. C’est un cadre du pays. Mais le Seigneur l’a totalement guéri.

Ces cas sont nombreux et nous rendons grâce au Seigneur. Je vous disais d’entrée que je suis le président de l’Ong Fondation Emmanuel. La présence de cette Ong de bienfaisance au sein de ce centre de guérison répond à plusieurs soucis. En effet, l’Ong ayant pour vocation d’aider à l’encadrement et au suivi des malades et des fidèles de l’Eglise ainsi qu’aux autres couches socio-professionnelles du pays intervient en amont comme en aval dans les activités du centre. C'est-à-dire avant, pendant et après l’accession d’un malade dans le centre, il ya un besoin énorme. A savoir, le besoin d’accueil, de formation, d’éducation d’insertion et de suivi. C’est donc en raison de tous ces besoins que l’Ong a vu le jour. Le temps ne nous permet pas aujourd’hui de vous expliquer dans les détails les missions, les objectifs et les actions de l’Ong. Mais à titre d’exemple, l’Ong a fait don de ce centre médical que vous voyez et qui est baptisé «la vie».

La particularité de ce centre est d’apporter une assistance médicale au malade à l’instar des prières. Par exemple, les malades mentaux lorsqu’ils sont enchaînés,   peuvent se blesser. Nos agents médicaux se chargeront de panser et de d désinfecter ces plaies parce que ce sont des malades qu’on ne peut pas transporter à l’hôpital compte tenu de leur état. Je précise que le centre médical ne guérit pas. Il ne s’occupe pas des cas spirituels mais plutôt  du côté hygiénique des malades. En outre, comme je vous le disais tantôt, l’Ong Fondation Emmanuel dans son fonctionnement s’occupe de l’éducation, de la formation et de la réinsertion de certains malades après leur guérison. De ce point de vue, l’Ong a d’innombrables besoins notamment  en terme de médicaments, d’équipements et d’encadreurs médicaux.

 

Réalisé par Gisèle Tienfô

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