ONG FONDATION EMMANUEL

CÔTE D'IVOIRE

                                                               

 

LA  MISSION

Envoyer. (Hébreu : chalaH ; grec : verbe apostellô qui a donné apostolos : littéralement l’envoyé ; ainsi que pempô : envoyer).

     L’idée spécifiquement biblique (par rapport aux autres religions) d’envoi et d’envoyé implique, d’une part, que Dieu se préoccupe de l’homme auquel il veut communiquer des messages, mais, d’autre part, qu’il reste pleinement libre par rapport à ses créatures comme étant le Maître : c’est lui qui envoie, les hommes ne peuvent jamais être que ses envoyés.

     Ancien Testament. Le sens général du mot chalaH est : chargé de mission. Par exemple, Dieu envoie son Ange avec la mission de conduire et de protéger son peuple (#Ex 23:20 ; #Ge 24:7). Généralement l’envoyé doit transmettre un certain message (voir #1R 5:2,8), parfois une requête précise (#1R 20:7). Dans ce cas, envoyer signifie aussi exiger.

     C’est avec les prophètes, dont Moïse est le premier, que la notion d’envoyer devient la plus nette. Toute vocation prophétique repose sur la parole divine : « Je t’envoie… » (#Ex 3:10 ; #Esa 6:8-9 ; #Jér 1:7 ; #Ez 2:3; 3:4, etc.). La différence entre un vrai et un faux prophète est que ce dernier n’est pas envoyé, n’a donc pas reçu de mission de la part de Dieu (#Jér 14:14; 23:21,32; 27:15; 28:15; 29:9). En général, malgré leurs objections et leurs réticences (#Ex 3:11; 4:13; 5:22 ; #Jér 1:6), tous  —  sauf Jonas (#Jon 1:1 et suivants)  —  obéissent. Dieu leur demande aussi d’exiger l’obéissance de ceux auxquels il les envoie (#Jér 26:12-13) en leur conférant l’autorité nécessaire. Le prophète est le porte-parole de Dieu ; si ses auditeurs ne veulent pas l’écouter, Dieu dira : « Ils n’ont pas voulu m’ écouter » (#Jér 7:25-26). Dieu se sert aussi de sa Parole comme d’un envoyé (#Ps 107:20; 147:15 ; #Esa 55:11), il envoie son Esprit pour renouveler la face de la terre (#Ps 104:30 ; #Ez 37:9).

     En général, les envoyés sont chargés d’annoncer la bonne nouvelle du salut : Dieu « envoie sa bonté et sa fidélité » (#Ps 57:4), « le salut pour son peuple » (#Ps 111:9), la guérison, la libération et la grâce (#Esa 61:1-2) ; mais la réalisation de ce salut se fait souvent à travers des jugements : châtiments purificateurs du peuple de Dieu (#Esa 10:6) ou jugements contre la nation qui retient son

peuple captif (#Esa 43:14; 48:14 et suivant). Dans ces cas, Dieu peut se servir aussi de païens comme ses envoyés.

     Israël en tant que nation est chargé d’une mission : servir l’Éternel (#Ex 19:5 et suivant) et répandre la connaissance de Dieu parmi les autres nations (#Esa 19:21-25; 43:10,12; 44:8; 60). L’Ancien Testament envisage même que les païens convertis pourront apporter cette connaissance à leurs semblables (#Esa 66:18 et suivant). Le Nouveau Testament montrera la réalisation de ces prophéties.

     Nouveau Testament. Comme il l’avait annoncé (#Mal 3:1; 4:5), avant d’envoyer son Fils, Dieu envoie un Précurseur pour préparer son chemin, c’est Jean-Baptiste (#Jn 1:6), le nouvel Élie (#Mt 11:9-14). « Quand les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils » (#Ga 4:4). Il est l’Envoyé par excellence (#Jn 9:7). L’épître aux Hébreux l’appellera « l’apôtre » (apostolos dans le sens d’envoyé) de notre profession de foi (#Hé 3:1). Jésus n’est pas venu de lui-même, il a été envoyé par le Père (#Jn 7:29; 8:42). Ses œuvres en témoignent (#Jn 5:36; 9:4). C’est pourquoi il n’accomplit pas sa volonté propre, mais la volonté de Celui qui l’a envoyé (#Jn 7:16; 8:26; 14:24). C’est pourquoi il sait aussi que sa parole a pleine autorité (#Jn 3:34) et que son jugement est juste (#Jn 8:16).

     Le but de son envoi est le salut des hommes : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (#Jn 3:17 cf. #Lu 4:18). Il est venu « chercher et sauver ce qui était perdu » (#Lu 19:10), appeler non des justes mais des pécheurs (#Mr 2:17) servir et donner sa vie en rançon (#Mr 10:45). Qui veut être sauvé doit croire que Dieu l’a envoyé (#Jn 5:24; 11:42; 12:44-45; 17:3). Mais qui le rejette, rejette aussi celui qui l’a envoyé (#Lu 9:48; 10:16 ; #Jn 5:23; 15:21-24).

     L’envoyé envoie à son tour.

« Comme mon Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (#Jn 20:21). Déjà durant son ministère terrestre, Jésus a envoyé ses disciples, qu’il appelle apôtres, c’est-à-dire envoyés, proclamer l’approche du Royaume de Dieu (#Mr 3:14). Il les envoie deux à deux, « comme des brebis au milieu des loups » (#Mt 10:16 ; #Lu 10:3), d’abord vers « les brebis perdues de la maison d’Israël » (#Mt 10:5-8; 15:24 ; #Mr 6:7 ; #Lu 9:2). Ils sont ses plénipotentiaires qui le représentent auprès des foules : « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette » (#Lu 10:16 ; #Jn 13:20). Jésus n’appelle pas les hommes à l’engagement volontaire, mais il demande à ses disciples de prier « le Maître de la moisson qu’il envoie des ouvriers dans sa moisson » (#Mt 9:38 ; #Lu 10:2). Le ministère de Jésus s’achève sur l’envoi des disciples, revêtus de la puissance du Saint-Esprit (#Jn 20:22), comme témoins dans le monde entier (#Ac 1:8). Pour les équiper, il leur envoie le Consolateur (#Jn 16:7) et leur confère l’autorité de pardonner ou de retenir leurs péchés aux hommes (#Jn 20:23). Sans envoi, il n’y a pas de prédicateur ni de salut (#Ro 10:15). Les limites imposées aux envoyés durant le ministère terrestre de Jésus sont levées : « en Samarie (cf. #Mt 10:5-6; 15:24) et jusqu’aux extrémités de la terre » (#Ac 1:8) ; « je t’envoie au loin, vers les nations » (#Ac 22:21).

     Le but de l’envoi est de faire connaître la gloire de Dieu dans le monde entier, de sauver les hommes en les réconciliant avec Dieu, de lutter contre les forces démoniaques qui régissent l’humanité et de préparer le Retour de Christ et la venue du Royaume de Dieu.

Copyright Editions Emmaüs

0
0
0
s2smodern